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Dos de femme, dos de mulet, les oubliées du Maroc profond

EXTRAIT

« Si je me suis concentré sur le milieu rural, en particulier sur les régions montagneuses de l’Atlas et sur les petites villes (Berkane, Midelt, Kalaat Sraghna), c’est parce que la fragilité des femmes m’y a paru plus marquée, plus terrible qu’ailleurs. En 2015, dans différentes régions de ce pays, une fille qui n’est pas mariée à dix-huit ans est encore considérée comme une femme ratée, sans avenir… Dans les villages du Moyen et du Haut Atlas, comme dans de petites villes du Maroc profond, pères, mères, autorités locales et juges continuent à marier des filles, âgées de treize, quatorze ans, selon la coutume ou par contrat. Des enfants sont ainsi livrées aux familles de leurs époux. Elles y sont exploitées, martyrisées, violées… Dans les mines de Mibladen, mais aussi dans les vergers de clémentines de l’Oriental, les ouvrières saisonnières ont des conditions de vie dramatiques car elles subissent une double exploitation, économique et sexuelle. Ce travail démontre l’importance de réformer les lois. »

Dos de femme, dos de mulet, les oubliées du Maroc profond | Hicham Houdaïfa | février 2015 | 112 pages | 65 DH / 13 €