Édition,
investigation
et débat d'idées

À la rencontre des Ediciones del Oriente y del Mediterráneo

Inmaculada Jiménez Morell et Fernando Garcia Burillo, les fondateurs de la maison d’édition espagnole Ediciones del Oriente y del Mediterráneo, étaient à la base professeurs d’histoire. « Au cours de notre séjour à Paris où l’on enseignait l’espagnol aux migrants hispanophones, on a découvert une littérature arabe, turque et persane qui n’existait presque pas en Espagne. C’est là qu’est venue chez nous l’idée de créer une maison d’édition qui ferait la part belle aux lettres originaires de ces pays-là », nous explique Inmaculada Jiménez Morell, toujours le sourire aux lèvres.

Pendant longtemps, le couple a fonctionné de la manière suivante : l’un assurait l’alimentaire et l’autre se rendait disponible pour la maison d’édition.

Aujourd’hui, le catalogue des Ediciones del Oriente y del Mediterráneo ne compte pas moins de 150 publications. Mais à ce jour, le couple n’a pas trouvé un modèle économique durable pour leur entreprise. « Nous avons à maintes reprises pensé sérieusement à tout abandonner, mais vous voyez bien, nous sommes toujours là », ajoute Inma.

Le Maroc occupe une place importante dans le catalogue de cette maison d’édition : « Nous avons publié les essais de Fatima Mernissi, Abdellatif Laabi, Rachid Niny, mais également des ouvrages de Driss Chraïbi, Abdelhak Serhane ou encore Mohamed Bennis. Nous avons également mis l’accent sur la littérature carcérale comme celle de Driss Bouissef Rekab. » Mais c’est Fatima Mernissi avec son livre, Le Maroc raconté par ses femmes (SMER, 1986), qui a enregistré le plus de ventes pour la maison d’édition espagnole.

« Nous sommes des pays frontaliers et pourtant, une distance culturelle importante sépare nos deux pays. Nous voulons contribuer à notre petite échelle à faire découvrir le Maroc aux Espagnols et à combler ainsi ce fossé », conclut Fernando Garcia Burillo.

Ediciones del Oriente y del Mediterráneo existe maintenant depuis plus de 30 ans. Ils ont été parmi les premiers en Espagne à travailler sur le monde arabe : le Maroc bien sur, mais également l’Algérie, la Tunisie, la Palestine, l’Irak et le Moyen Orient de manière plus générale.

Hicham Houdaïfa