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Sanaa El Aaji analyse la sexualité préconjugale

Dans le centre ville casablancais, mardi 7 novembre, à l’hôtel du Ritz, la sociologue et journaliste Sanaa El Aaji venait présenter son ouvrage Sexualité et célibat au Maroc : la penser, la dire, la vivre, éditée par la Croisée des Chemins, à l’invitation de l’association Marocains pluriels. Le public était varié, avec une forte présence de jeunes des deux sexes, mais aussi de moins jeunes, et de personnes de toutes confessions, qui ont vivement contribué au débat.

Sur le sujet délicat de la sexualité préconjugale au Maroc, Sanaa El Aaji a répondu aux questions sur cet ouvrage tiré de sa thèse de sociologie avec une passion militante. Tout d’abord elle a rappelé l’importance de ce sujet que beaucoup considèrent comme un « non objet scientifique ». En effet, vivre sa sexualité au Maroc n’est pas facile puisque la sociologue-journaliste rappelle « qu’il existe une triple illégitimité : sociale, religieuse et juridique, quand on veut vivre sa sexualité au Maroc ». Les relations sexuelles hors mariage sont en effet punies par la loi et l’article 490 du Code pénal marocain. La situation est encore plus difficile pour « les femmes, qui n’acquièrent de statut social qu’une fois mariées ». Quant aux mères célibataires, elles subissent les conséquences de l’article 490, alors que les pères « ne sont aucunement responsables juridiquement ». De plus le « poids de la virgnité », la difficulté pour les Marocains de trouver « des lieux de rencontre spontanés », tout cela provoque « un bricolage sexuel permanent ». Enfin Sana El Aaji a insisté sur la nécessité d’une « éducation sexuelle permettant de familiariser la jeunesse marocaine avec sa sexualité ».

Salim Saïdi